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Lien Social - 5 septembre 2002

 
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Evy
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MessagePosté le: Dim 20 Sep - 10:47 (2009)    Sujet du message: Lien Social - 5 septembre 2002 Répondre en citant

   
 
 
Numéro 632, 5 septembre2002  

Voyage dans le collège expérimental Anne Frank au Mans   
 
L'école où les enfants ne font pas ce qu'ils veulent mais veulent ce qu'ils font   
Créer et animer un collège différent n'est pas une opération facile. Faire face à l'inertie de l'administration et à l'opposition syndicale à la fois relève...du treizième des travaux d'Hercule ! Un groupe de parents et d'enseignants de la région du Mans a néanmoins relevé le pari et est en passe de le gagner.   
 
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Tout a commencé avec le manifeste lancé en 1999, par Marie-Danielle Pierrelée : « Pour une école créatrice d’humanité ». Un certain nombre d’enseignants se sont reconnus dans ses propos et ont commencé à réfléchir un peu partout en France à la possibilité de créer des collèges expérimentaux qui fonctionneraient selon les modalités des pédagogies dites actives, déjà utilisées depuis longtemps dans le primaire (pédagogie Freinet, Montessori, institutionnelle…). Jack Lang, favorable à cette idée, a facilité l’émergence de plusieurs tentatives un peu partout, en les imposant même là où les réticences étaient trop fortes. Marie-Danielle Pierrelée, qui était jusqu’alors principale du collège de Mulsanne (situé à la périphérie du Mans), avait réussi à monter une classe où était appliqué un certain nombre de ses conceptions. L’administration lui proposa la direction d’une expérience pilote. Une année fut nécessaire pour qu’un groupe de professeurs et de parents d’élèves construise le projet et cherche des locaux.Finalement, le choix s’est porté sur le collège du Ronceray situé au Mans, seul établissement du département bénéficiant d’un statut de ZEP. Cette annonce provoqua un mouvement de forte résistance de la part de l’équipe pédagogique en place, qui refusait de se voir congédiée pour faire place à un groupe de professeurs qui pouvaient apparaître comme venant réussir là où eux-mêmes avaient échoué. Les syndicats s’opposèrent, eux aussi, au principe de nomination des professeurs par cooptation (et non par mouvement national comme il est de coutume dans la fonction publique d’État). L’implantation du collège expérimental se fit donc dans la douleur. Finalement, il fut décidé qu’il serait bien implanté au Ronceray, mais qu’il partagerait les lieux avec le collège déjà existant. Le 18 mai 2002, le nouvel établissement sera d’ailleurs baptisé du nom d’Anne Frank [1]. Pour l’heure, nous sommes fin août 2001, des bâtiments annexes sont installés à la hâte dans la cour pour accueillir la nouvelle administration et la rentrée peut se faire début septembre, comme prévu. Le projet initial n’avait pas revendiqué la désectorisation. Au contraire, le collège expérimental était censé s’adresser à tous types d’élèves. L’idée de départ n’était pas de constituer un refuge pour celles et ceux qui sont en échec scolaire. De fait, sur l’effectif de 108 élèves, âgés de 10 à 17 ans, présents début septembre 2001, 10 % des enfants étaient issus de familles militantes attirées par les méthodes proposées, mais qui n’étaient pas au départ particulièrement en difficulté, 40 % des élèves rencontraient un certain nombre de problèmes et 50 % d’entre eux pouvaient être considérés comme en échec scolaire grave : leur entrée au collège expérimental constituant une solution de dernier recours. Sur l’ensemble, 4 enfants avaient un an d’avance, 44 étaient dans la norme, 46 comptait un an de retard, 13 deux ans et 1 trois ans. Le collège comportait 80 % de garçons, cette particularité sociologique s’expliquant par le fait que les garçons sont plus nombreux à poser des problèmes aux établissements. L’équipe pédagogique était constituée de dix professeurs et de deux aides-éducateurs auxquels se rajoutaient une documentaliste, une conseillère principale d’éducation, une gestionnaire et la principale.La pédagogie utilisée par le nouvel établissement est en rupture avec ce qui se pratique dans le reste de l’Éducation nationale. Dans la plupart des collèges, il vaut mieux être dans le moule et répondre aux exigences (ni trop en avance, ni trop en retard), sous peine d’être inévitablement dépassé, écrasé et rejeté. Cela ne tient pas forcément aux enseignants, dont un certain nombre a une vraie volonté de s’adapter, mais plus à tout un système qui fonctionne dans l’uniformité. La noble idée d’égalité s’est trouvée dévoyée en ce qu’elle aboutit à offrir à tous et à chacun les mêmes modalités, sans tenir aucunement compte du niveau auquel l’individu se trouve.
Au collège expérimental, l’apprentissage est organisé à partir du rythme de chacun. L’apprentissage est adapté à chaque élève. L’individu est respecté dans son originalité et sa personnalité. Plusieurs outils pédagogiques sont appliqués. Mais, le moment pivot est celui du tutorat qui a lieu tous les matins de 8 heures à 9 heures et le lundi de 16 heures à 17 heures. Un groupe de dix élèves (hétérogène en âge et en niveau scolaire) est pris en charge par le même adulte qui devient son référent tout au long de l’année. Ce qui est proposé à chaque enfant, c’est un suivi individualisé : accompagnement dans les leçons et les devoirs, gestion des problèmes personnels, point régulier sur l’évolution de l’apprentissage, évaluation informatisée de sa progression. L’élève est considéré à ce moment-là comme un individu qui trouve un interlocuteur avec qui il peut faire le point et engager un dialogue de qualité.
Viennent ensuite les groupes d’apprentissage qui ont remplacé le découpage traditionnel en sixième, cinquième, quatrième et troisième. Quatre domaines sont proposés dont chacun porte une couleur (rouge, vert, jaune, bleu) et sont répartis tout au long de la semaine sur des plages horaires distinctes. À l’intérieur de chacun de ces domaines, cinq séquences sont présentées recoupant les disciplines classiques (langue, mathématique, histoire/géographie, sport, arts plastiques, français). Chaque élève opte dans chacun des quatre domaines pour une séquence (en fait, il propose un premier choix et un second choix qui sont satisfaits en fonction du nombre d’inscriptions dans chaque groupe). La nature des séquences change toutes les cinq à six semaines. L’enfant se trouve donc dans une position d’acteur : il doit choisir son propre parcours d’apprentissage. Pour la période rouge lui sont, par exemple, proposés de « lire, résumer, créer un fichier sur ordinateur et sont abordés l’électricité : tension, intensité, mesures, lois ; la gymnastique aux agrès ; la préparation à l’épreuve du brevet et l’anglais débutants ». Pour la période verte ce sont : « Organisation d’une fabrication, monographie d’artistes (Léonard de Vinci, Van Gogh…) », écriture à contraintes classique (lettre, compte rendu, devoirs d’histoire…) », anglais et maths autour de Lewis Caroll et conte, oralité, choix de textes, mémorisation ». Et, ainsi de suite… Si l’élève est sollicité pour construire son propre programme, son tuteur vérifie que, tout au long de l’année, ses choix se répartissent bien dans toutes les matières. Un enfant, par exemple, qui n’opterait que pour les activités sportives, serait invité à modifier ses inscriptions. Il s’agit de répondre aux contraintes du programme scolaire national, que le collège expérimental doit suivre comme tout autre collège.
Un autre groupe d’activités, sortant lui plus librement du cadre des programmes officiels, est proposé à raison de trois heures distinctes par semaine : ce sont les « cours au choix » qui sont assurés par les enseignants, mais aussi par des personnes compétentes extérieures (y compris des parents d’élèves) et même des élèves eux-mêmes qui auraient des compétences particulières à faire partager. Sont proposés des thèmes aussi divers qu’« apprendre par cœur : poèmes chansons, vocabulaire d’anglais ; améliorer sa compétence en soudure, trampoline, quelques chansons de Souchon ; sécurité routière : calcul des distances de sécurité, ménage ton dos (assuré par l’infirmière), danse traditionnelle, lecture d’une nouvelle en anglais, cours de solfège, calligraphie, puzzle en mathématique, etc. »
Les groupes d’apprentissage et les cours au choix sont proposés parfois pour des niveaux précis (c’est le cas par exemple de la préparation du brevet, plutôt réservée aux 3ème ou l’anglais débutants aux 6ème). Pour les autres groupes, chaque élève peut se rendre là où son propre niveau lui permet d’accéder. Ce brassage des petits et des grands, s’il est possible dans les deux premières instances devient systématique dans les groupes de projet qui sont proposés deux demi-journées par semaine. Participation à une action humanitaire, création d’un site internet, production d’un journal, organisation de voyages ou d’une fête… les enfants sont invités à contribuer à la conception, l’élaboration et la réalisation, de bout en bout, d’une action qui nécessite une projection dans le temps, une organisation et une répartition des tâches, des démarches à accomplir, des responsabilités à prendre et à assumer etc… Toute chose qui transforme l’élève traditionnel plutôt consommateur passif en acteur autonome engagé dans un processus.
Le collège expérimental ne propose pas de notes, mais applique les méthodes de la pédagogie institutionnelle sous la forme de « brevets ». Au départ, les acquis de l’élève sont répertoriés. Un objectif d’apprentissage nouveau est fixé avec le tuteur. Si le but est atteint, il est alors reconnu par l’obtention d’un brevet et l’on passe à un autre objectif. Chaque élève est ainsi évalué à partir de son propre rythme, et non en fonction d’une exigence qui dépasse ou qui minimise ses vraies capacités, comme cela se passe trop souvent dans le collège traditionnel.
L’accueil d’enfants massivement rebelles à l’autorité, vivant dans la toute-puissance, la réponse immédiate à la pulsion et l’incapacité à différer ont rendu nécessaire une attention particulière aux transgressions. Le conseil de collège planche actuellement sur l’élaboration d’un règlement intérieur qui est soumis à discussion dans les groupes de tutelle. Un autre dispositif avait été instauré qui a été modifié depuis : celui du sas. Quand un élève se trouvait en grand état d’excitation et ne tenait plus dans le cours, il était exclu et envoyé vers la conseillère principale d’éducation. Très vite, les locaux administratifs avaient été envahis. Une salle avait donc été prévue avec un adulte pour recevoir les élèves exclus : un travail écrit leur était alors demandé sur ce qui venait de se passer. Là aussi, le sas a très vite été débordé par son succès (il y a eu jusqu’à 20 élèves en même temps), certains jeunes faisant même le nécessaire pour se faire exclure de cours et être ainsi pris en charge individuellement ! Le dispositif a été modifié. La possibilité est laissée à un enfant qui ne supporterait plus de rester en cours de sortir et de décompresser (en faisant un peu de sport par exemple). Mais, il viendra alors rattraper ce qu’il a raté le samedi matin suivant. Nouvel effet pervers constaté : certains des élèves, ainsi sanctionnés, manifestent le plus grand intérêt à se retrouver ainsi, en petit groupe, au calme, dans un contact individualisé avec un adulte qui s’occupe d’eux. L’équipe réfléchit donc à des modalités qui permettraient d’offrir cette attention soutenue, sans que les enfants aient besoin pour l’obtenir de se faire virer des cours !
Autres moments de régulation : ceux que se donne le groupe des adultes. Tous les mardis, les cours terminent à 15 heures 30. L’équipe se réunit alors pendant trois heures pour échanger sur les élèves, sur les difficultés rencontrées, sur l’organisation du collège. Une semaine sur deux, une psychologue vient passer la journée au collège : c’est Isabelle Filliozat, connue pour ses ouvrages sur la gestion des émotions. Elle assiste à certains cours et propose, aux enseignants qui l’ont assuré, son regard critique sous la forme d’un écrit. Elle peut aussi recevoir des élèves et est présente tout au long de la réunion hebdomadaire de régulation.
Mais les échanges ont lieu aussi tout au long de la journée et le soir après les cours : les profs ont pris l’habitude de rester sur place. Leur horaire de travail a été porté d’un commun accord de 18 à 24 heures se répartissant en 12 heures de cours, 5 heures de tutorat, 4 heures de projet et 3 heures de régulation.
Après neuf mois de fonctionnement, le collège expérimental a réussi à franchir un certain nombre d’obstacles majeurs. Il y a d’abord eu l’hostilité ambiante. Partageant les locaux avec le collège classique, il a plutôt été perçu comme un envahisseur. Des bagarres ont éclaté dès la seconde semaine de la rentrée de septembre entre les élèves des deux établissements. Depuis, les relations se sont pacifiées. Il arrive même que certains élèves du classique viennent fréquenter l’expérimental ! Mais les équipes pédagogiques des deux collèges ne se fréquentent toujours pas. L’ambiance est plutôt donc à l’ignorance polie. Sur la centaine d’élèves admis en septembre, dont 90 % se trouvaient en délicatesse avec la scolarité (pour ne pas dire bien plus pour beaucoup d’entre eux), seuls 10 % restent en gros blocage d’apprentissage. Cette inversion de la proportion de départ constitue un résultat plutôt satisfaisant et justifierait la pérennisation de ce type d’expérience. Pour l’heure, celle du collège Anne Frank semble assurée. Pour autant, on est loin de l’idée lancée d’un collège expérimental dans chaque département : trois des dix-huit projets élaborés ont pu ouvrir en 2001/2002. D’autres suivront sans doute avec pour espoir de diminuer le nombre d’adolescents qui « quittent le collège persuadés qu’ils ne sont bons à rien, avec, pour perspective, l’assistance à vie ou la délinquance pendant que beaucoup d’autres y laissent à l’abandon leur potentiel intellectuel, se vidant peu à peu de leur énergie et de leur confiance en eux-mêmes » [2]
À l’issue de sa visite, le collège Anne Franck laisse à l’observateur le sentiment que chacun se sent bien, parce qu’il s’estime respecté. Une confiance que les enfants semblent avoir retrouvée en eux : ils découvrent qu’ils peuvent apprendre avec plaisir, ce qu’ils n’avaient jamais pu trop faire, auparavant. Une grande proximité avec les adultes : ceux-ci sont là pour les aider, non pour les enfoncer. La communauté est restreinte : tout le monde se connaît. Les adultes s’adressent avec bienveillance aux enfants, en les appelant par leur prénom. Bien sûr, les transgressions existent, les coups de colère aussi, la violence dans la cour de même… Tous ces aspects sont gérés, comme dans beaucoup de collèges, avec toutefois cette pointe d’humanité et de bienveillance en plus, qui manque parfois dans bien d’autres établissements. L’enfant en difficulté est accepté ici, alors qu’il est si souvent rejeté ailleurs. Comme un gêneur…
Jacques Trémintin
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Ambiance, échos des élèves et des parents ...
Ce jour-là, les cours au choix proposaient plusieurs possibilités. Intrigué par le thème de l’un d’entre eux, nous rentrons dans l’atelier « rétropropulsion ». Vingt élèves y sont assis. Ils se répartissent entre la 6ème et la 3ème. L’enseignant déballe une dizaine de châssis en bois en forme de triangle dotés d’une roue à l’avant et de deux roues à l’arrière reliées par un axe. Le défi consiste à trouver la façon de disposer un élastique pour provoquer une propulsion. « Qu’est-ce que ça rapporte ? » lance un enfant, avant de se mettre au travail. Par groupe de deux ou de trois, les jeunes se mettent à chercher et à entortiller leurs élastiques. « M’sieur, on peut rajouter un moteur » demande un élève, qui n’a pas compris la consigne. Bientôt, tables et chaises sont rangées au fond de la salle et une piste est dégagée : un concours est engagé pour savoir quel châssis ira le plus loin. « On a le droit d’aller voir comment les autres ont fait » réplique le prof, pour encourager ceux qui peinent. En fin de séance, un échange a lieu (verbal, mais il aurait aussi bien pu être écrit) pour mutualiser ce que chacun a appris et compris. Les plus petits sont les plus intéressés. Les plus grands des garçons menacent les filles avec leurs élastiques. Classique ! Le plaisir de la découverte et de l’apprentissage a permis de faire avancer un certain nombre d’élèves, plus ou moins rétifs à la démarche scolaire, sur des notions de physique - ce qu’un cours magistral n’aurait sans doute pas réussi à faire. Mais, déjà, la sonnerie marque la fin de l’heure. Nouvelle incursion, cette fois-ci, sur un groupe de projet qui organise une course contre la faim en collaboration avec l’AICF ( Action internationale contre la faim). Une douzaine d’élèves font le point sur les tâches qu’ils devaient accomplir. Cela fait déjà plusieurs mois qu’ils se réunissent à raison de deux fois par semaine et sont presque arrivés au bout de leurs efforts. Les uns expliquent les difficultés à obtenir les autorisations parentales signées pour les élèves devant participer à la course. « Les profs ne font rien, eux ils les auraient obtenues plus vite » se plaint une élève. D’autres jeunes expliquent les démarches qu’ils ont accomplies par téléphone pour obtenir la participation de sponsors. Un élève est envoyé, à la recherche d’un ordinateur portable, qui permettrait, le jour venu, de traiter les résultats de la course, grâce au logiciel fourni par l’AICF. Quelqu’un frappe à la porte. C’est un élève du groupe projet « site internet » qui vient demander un texte pour le publier sur le site. L’enseignante aurait sans aucun doute plus vite fait de répartir les responsabilités et même d’accomplir elle-même la plupart des actes nécessaires. Mais, l’objectif est bien ici d’apprendre à s’organiser et à s’autonomiser. La démarche aboutit ? Tout le monde est valorisé. Elle se heurte à de grosses difficultés ? C’est là aussi la réalité du quotidien, et quand on sort du monde de l’enfance pour intégrer celui des adultes, il faut comprendre que tout n’aboutit pas forcément. Principe de réalité contre principe de plaisir…
Audrey, 16 ans, est en 3ème. L’an passé, elle était très bonne élève. Mais, elle était rejetée par les autres qui lui reprochaient ses trop bonnes notes. Sa souffrance, elle n’a jamais pu s’en ouvrir à personne. Depuis septembre, elle a pu améliorer encore ses résultats. Et, surtout, elle se sent considérée et écoutée « ici, on peut faire évoluer les choses, chacun peut travailler à son rythme ». Laurine, elle, a 15 ans. Quand elle compare ce qu’elle vit aujourd’hui, son propos est cinglant : « Ici, on est une personne qu’on respecte avant d’être une élève. Avant, on était comme une bête dans un poulailler ». Émilien, 12 ans, est en 5ème. Lui aussi fait la différence avec l’année passée : les conflits avec les autres élèves n’y étaient pas vraiment pris en compte. Allan, 12 ans, était en CLIS (Classe d’intégration scolaire), l’an passé. Au départ, dans ce collège expérimental, il a été perdu : l’emploi du temps changeait tout le temps. Heureusement, il y a l’heure de tutorat qui lui permet d’apprendre « chez [moi] avec mes frères, ce n’est pas possible d’être tranquille pour travailler ».
Madame Larchevesque est une maman militante du projet. Son fils, Cyril, était plutôt un élève moyen. Mais, il n’avait aucun problème scolaire. Il aurait pu être inscrit en 6ème classique. Il a quand même subi des violences qui n’ont pas su être gérées par son école. Ce qui a mis très en colère sa famille. Ce qui l’a décidée à l’inscrire au collège expérimental, c’est la pédagogie proposée : valoriser les richesses des enfants et leur permettre d’apprendre dans le plaisir, constitue un défi enthousiasmant. Monsieur et Madame Larchevesque ont suivi, avec assiduité, les réunions de préparation pendant toute l’année qui a précédé l’ouverture du collège. C’est vrai qu’ils se considèrent comme des parents atypiques. Ils étaient prêts à un éventuel redoublement de leur fils. Ce risque valait qu’ils l’envoient dans un établissement en phase avec leurs propres valeurs. Leur fils a beaucoup changé depuis la rentrée. Il a mûri et est devenu bien plus autonome. Les autres parents avec qui Madame Larchevesque est en contact (elle est déléguée FCPE) sont ravis. Et de citer cet enfant qu’il fallait sortir du lit qu’il refusait de quitter pour aller au collège en face de chez lui et qui, aujourd’hui, prend le train à 6 heures du matin le sourire aux lèvres. Ou encore cet élève qui a résumé ce que le collège expérimental lui avait apporté : « Ici, on m’a laissé le temps de régler mes problèmes ».
J.T.

 
[1] Collège expérimental - 72 rue Marc Sangnier - 72100 Le Mans. Tél. 02 43 86 86 35 [2] Extrait du « Manifeste pour une école créatrice d’humanité » de Marie-Danielle Pierrelée
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<center><b>C'est une belle harmonie quand le faire et le dire vont ensemble. (Montaigne)</b></center>
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MessagePosté le: Dim 20 Sep - 10:47 (2009)    Sujet du message: Publicité

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